Le 1er juillet 1810, l’ambassade d’Autriche à Paris, située à l’angle de la rue La Fayette et de la rue de la Chaussée-d’Antin, est le théâtre d’une soirée fastueuse organisée en l’honneur du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche. Les invités, parmi lesquels figurent la haute société parisienne et de nombreux dignitaires, se pressent dans les salons somptueux.

Un embrasement fulgurant

C’est au cœur de cette ambiance festive que le feu se déclare, probablement dans une pièce surchauffée par les nombreuses bougies. Les matériaux inflammables présents en abondance (bois, tissus, papiers) favorisent une propagation rapide des flammes. Les tentatives initiales pour maîtriser le sinistre s’avèrent vaines, les moyens d’extinction étant limités et les occupants peu préparés à faire face à une telle situation.

Le piège mortel

La configuration des lieux, avec de nombreux couloirs étroits et des escaliers peu éclairés, complique considérablement les opérations de secours. Les invités paniquent, se bousculent, et se retrouvent piégés dans les flammes. Les issues de secours sont insuffisantes et mal signalées, tandis que les garde-pompes, peu entraînés et mal équipés, peinent à contenir le feu.

Les causes identifiées

  • Défauts de construction : matériaux hautement inflammables, issues insuffisantes, éclairage déficient.
  • Manque de moyens de secours : garde-pompes mal équipés, lances insuffisantes, réserves d’eau limitées.
  • Absence de consignes de sécurité : les occupants ne savent pas comment réagir.
  • Comportement humain : la panique et la bousculade entravent les secours.

L’héritage réglementaire

L’incendie de l’ambassade d’Autriche marque un tournant dans l’histoire de la sécurité incendie. Les leçons tirées ont contribué à l’élaboration des réglementations modernes :

  • Le Code de la construction et de l’habitation fixe les règles générales sur les issues de secours et la résistance au feu.
  • L’Arrêté du 25 juin 1980 reprend ces principes fondamentaux dans le règlement ERP moderne.

La leçon de SecurAudit : Deux cent ans après l’ambassade d’Autriche, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Issues condamnées, matériaux inflammables, personnel non formé : ce sont exactement les points que nous vérifions lors de chaque audit préventif. Cliquer pour ne pas subir

Sources : Archives nationales françaises, Code de la construction et de l’habitation (Legifrance), Arrêté du 25 juin 1980.